Pierre Pouyade est né le 25 juillet 1911 à Cerisiers dans l’Yonne. Son père était militaire de carrière, et le berceau familial se situe à Ségur le Château, en Corrèze.

Enfant de troupe, il étudie d’abord à l’école communale de Tonnerre puis à l’ École Militaire Préparatoire d’Autun (actuel Lycée militaire d’Autun) de 1924 à 1928. Après le Prytanée militaire de la Flèche, il est reçu en 1930 à Saint-Cyr où il opte pour l’aviation. Poursuivant sa formation militaire à l’école d’application de l’armée de l’air à Versailles de 1933 à 1935, il est breveté pilote en juillet 1934. De 1935 à 1937, il est affecté à Chartres (future Base aérienne 122 Chartres-Champhol ), à la 6e Escadre de chasse, avec le grade de lieutenant. De 1937 à 1939, il est capitaine, affecté à Reims, où il devient commandant à la fin de l’année 1939.

Pendant la campagne de France il commande une escadrille de chasse de nuit sur Potez 631. Le 2 juin 1940 il obtient une victoire probable et est lui-même descendu en flammes et blessé. Il est transféré en novembre 1940 en Indochine alors sous l’emprise de Vichy et sous influence japonaise. Il prend en charge une escadrille de Morane 406. Il découvre, avec écœurement, la collaboration de plus en plus marquée des autorités françaises d’Indochine avec l’occupant japonais. Il a l’ordre d’abattre sans sommation les avions américains basés en Chine.

En 1941 et jusqu’en octobre 1942, il organise la résistance contre l’occupant nippon qui vise l’utilisation des appareils français contre les Alliés. Un avion des Flying Tigers est abattu par la DCA française près de la frontière chinoise ; les autorités militaires françaises livrent le pilote aux Japonais qui l’exécutent. Bouleversé par cette attitude française, il décide de quitter l’Indochine. Après avoir dérobé le plan complet de la défense aérienne japonaise en Indochine et laissé à sa hiérarchie une lettre « claire », il met cap au Nord  en direction de la Chine le 2 octobre 1942, en partant de la base de Bach M’ai sous contrôle japonais aux commandes d’un Potez 25, biplan de liaison. À court de carburant, il effectue un atterrissage forcé sur un terrain de fortune à Mongtzeu, au sud de Kunming, dans le Yunnan. Il est alors recueilli par des aviateurs américains puis accueilli par la petite mission de la France combattante à Tchung-King,. En novembre 1942 commence alors un périple de cinq mois.

Grâce à l’aide de son camarade de promotion de Saint-Cyr Jacques Guillermaz et du général américain Joseph Stilwell, il monte à bord d’un avion américain à destination de Calcutta. Un hydravion britannique le conduit ensuite au Caire, puis il traverse le Soudan, le Tchad, le Nigeria, où il embarque pour les États-Unis avant de traverser à nouveau l’Atlantique pour l’Angleterre via l’Islande. Il arrive à Londres en février 1943. Invité à s’entretenir de l’Indochine avec le général de Gaulle, il apprend au cours de la discussion l’arrivée sur le front de l’Est du Groupe de chasse « Normandie » créé par le général Valin; celui-ci lui demande de recruter à Londres un nombre suffisant de pilotes pour former une seconde escadrille dont on lui confiera le commandement. Le commandant Pouyade s’exécute et, en juin 1943, rejoint sa nouvelle unité près de Moscou.  En France, son départ pour les forces de la France Libre , considérée comme une désertion par les autorités vichystes d’Indochine, lui vaut une condamnation à mort et la confiscation de ses biens.

En juin 1943, il rejoint son le Normandie à Katiunki, à 120 km au sud ouest de Moscou. Le 17 juillet 1943, à la suite de la mort au combat du commandant Jean Tulasne, sont camarade de promotion « Tafilalet » à Saint-Cyr, il prend le commandement du Groupe Normandie.

Il conduit ses hommes au combat dans les grandes opérations aériennes en appui des offensives de l’Armée rouge dans les secteurs d’Orel, d’Iena, de Smolensk ou d’Orcha. Au cours de ces combats, il abat personnellement 5 avions ennemis en faisant la preuve de ses grandes qualités de chef et de pilote.

Le 11 novembre 1944, il laisse le commandement du « Normandie » au commandant Delfino et retrouve la France en janvier 1945. Victime d’un grave accident de voiture, il ne peut retourner au front avant le 19 avril 1945, date à laquelle il rejoint le Normandie-Niémen en URSS avec le grade de lieutenant-colonel.

Il termine la guerre avec 8 victoires aériennes .

Nommé inspecteur de l’Aviation de chasse, Vincent Auriol le désigne comme attaché air à la Présidence de la République (1947-1950).

Il est ensuite attaché militaire en Argentine de 1950 à 1953.

Puis il auditeur et instructeur au collège de défense de l’OTAN (1953-1956).

Il fait valoir ses droits à la retraite et est nommé général de brigade 2S le 1er décembre 1955. Il avait à son actif 4500 heures de vol dont 286 heures de guerre en 178 missions

De 1956 à 1966, en raison de ses relations privilégiées avec l’Union soviétique, il devient conseiller spécial de l’Union des Syndicats d’Industries Aéronautiques et Spatiales pour les relations avec l’URSS et directeur du département étranger de la Société RICOM.

À partir de 1966, il se consacre à sa carrière politique :

Député de la Corrèze en 1966 en remplacement de Jean Charbonnel dont il était le suppléant depuis 1962, il est, en mars 1967, élu député du Var (3e circonscription de Toulon) où il est également conseiller général.

Réélu après la dissolution de l’Assemblée en 1968, il ne se représente pas à la législature suivante.

Membre de la présidence de l’Association France-URSS, il reçoit, en 1977, le prix Lénine de la Paix.

Pierre Pouyade est décédé à Bandol dans le Var le 5 septembre 1979. Ses cendres ont été immergées au large de Toulon.

Grand Croix de la Légion d’Honneur
Compagnon de la Libération – décret du 10 décembre 1943
Croix de Guerre 39/45 (13 citations)
Médaille de la Résistance avec rosette
Médaille de l’Aéronautique
Ordre du Drapeau Rouge (URSS)
Médaille de la Victoire (URSS)
Ordre d’Alexandre Nevski (URSS)
Commandeur du Victoriam Order (GB)
Croix de Guerre (Tchécoslovaquie)
Grand Officier du Dragon d’Annam
Commandeur de l’Etoile Noire (Bénin)

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