LE MOT DU PRÉSIDENT

Notre ami Roger ROUTIN ayant décidé, pour convenances personnelles, de quitter la fonction de président national, le Comité directeur, réuni le 5 décembre 2011, m'a fait l'honneur de me confier cette lourde responsabilité, afin que soit assurée la continuité de l'activité de notre Association.
Pourquoi cette hâte apparente ? Simplement parce que, en application de nos statuts, un candidat à la présidence des Vieilles Tiges doit être membre du Comité directeur à plein titre, c'est-à-dire confirmé par l'assemblée générale annuelle. Autrement dit, un membre coopté en cours d'exercice ne pourrait pas être candidat à la présidence. Dans une époque difficile, cette charge ne pouvait rester vacante pendant plusieurs mois.
Ayant encore des activités professionnelles et animant le Groupement MARIN LA MESLÉE de Valenciennes, je ne suis évidemment pas à la recherche d'occupations supplémentaires pour compléter mon emploi du temps.
Alors ? Quelle motivation pour expliquer ma candidature a la présidence des Vieilles Tiges ? Ambition ? Vanité ? Une gloriole dérisoire ? Rien de tout cela bien entendu : simplement l'amour de l'aviation, le respect de la mémoire de ceux qui l'ont faite et une immense reconnaissance pour une association qui m'a apporté une joie profonde en me faisant décerner la Médaille de l'Aéronautique.
Par mon implication quotidienne dans la vie associative, je sais que, de nos jours, la vie des associations est difficile. Nombre d'entre-elles disparaissent lorsque le volume de leurs adhérents passe en dessous de la " masse critique "leur permettant de subsister.
À chacun d'entre-nous, la société offre de multiples tentations ludiques, sportives ou culturelles, mobilisant du temps et des moyens financiers. Un choix s'impose alors et il n'est pas toujours facile.
Notre présence au sein des VIEILLES TIGES n'est donc pas fortuite et résulte d'un acte volontaire et réfléchi, qui ne doit pas se limiter au paiement d'une cotisation, aussi vitale soit-elle. Par son adhésion, chacun de nous est de-venu coresponsable de la pérennité de notre Association, C'est pourquoi cette fidélité à l'héritage de nos " Anciens " doit s'exprimer aussi par l'implication personnelle de tous dans le recrutement d'un ou plusieurs nouveaux adhérents. Certes, le bilan 2011 décès/recrues promet d'être positif d'une quinzaine de nouveaux adhérents. C'est un résultat encourageant, mais qui demeure très insuffisant. De nombreuses associations aux racines historiques, comme les Anciens des Forces Aériennes Françaises Libres, ou, plus près de nous, celle des Anciens du Personnel Navigant formé en Amérique (APNFA), sont hélas vouées à disparaître car leurs statuts ne permettent pas le renouvellement de leurs membres. C'était à l'origine le cas des VIEILLES TIGES. Une judicieuse révision de nos statuts a ouvert largement l'éventail de nos possibilités de recrutement. Sachons tirer parti de cette opportunité. Tout passionné d'aviation peut être accueilli chez nous. Ce n'est pas un déshonneur pour les plus chevronnés d'entre-nous de partager les souvenirs de leur passion avec ceux qui n'ont pas eu (ou encore eu) la chance d'une riche carrière de navigant.
S'il n'est pas question de dévoyer l'esprit des VIEILLES TIGES, il est certain que les difficultés du moment doivent conduire à une révision de leur mode de fonctionnement. Pour la structure nationale, le défi est d'importance :assurer les mêmes fonctions régaliennes, en les améliorant, avec des moyens administratifs diminués afin de réduire les coûts. Penser que cela soit possible, ne veut pas dire que cela sera facile. Nous serons confrontés à des choix douloureux et conduits à imposer des règles de fonctionnement plus rigoureuses, avec notamment un développement de l'usage des moyens informatiques. Seul le partage des efforts nécessaires pourra conduire au succès et à la survie.
En acceptant la présidence, je suis parfaitement conscient de l'ampleur du défi. Nous n'avons que quelques mois avant la prochaine assemblée générale pour préparer cette profonde évolution de notre Association. Dès à présent, une chose est certaine : l'avenir des VIEILLES TIGES, quelles que soient les mesures de gestion prises, ne dépendra pas seulement de l'action de quelques bénévoles responsables, à Paris et en province, mais de l'implication de tous. Il n'y aura pas de renouveau sans cette prise de conscience
Quant à moi, profondément conscient des responsabilités que j'ai prises, je sollicite votre confiance et votre aide. Je vous remercie dès à présent de bien vouloir me les accorder.