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Là,
à la tète de son unité, il est blessé
au cours d'une contre-attaque, et évacué à
Vichy. C'est au cours de sa convalescence qu'il découvre
l'aviation.
"
Quelques aviateurs racontaient leurs prouesses en plein ciel
et nous n'avions à leur opposer que de sombres histoires
de froid et de boue, de pluie et d'angoisse. Il me semblait qu'un
air vivifiant me traversait. Ainsi on pouvait encore se battre
face à face, comme les Chevaliers du Moyen-Age ".
(Dans le vent des hélices)
Deux
mois plus tard, Didier Daurat demande son affectation dans l'aviation
et, le 16 décembre 1916, il réussit son brevet
de pilote, ayant eu, parmi ses moniteurs, le prestigieux Joseph
Sadi Lecointe.
Ce jour restera pour lui "
sa véritable naissance ". " L'aviation
avait à peine notre âge et ses vingt ans et les
nôtres s'affrontaient. " (Dans le vent des hélices)
Il
commence alors sa carrière de pilote de guerre, d'abord
dans l'observation et il repérera la Grosse Bertha, puis
au bombardement et enfin, consécration suprême,
dans la chasse.
A
l'issue de la guerre de 1914/18, celui qui aurait cherché
dans les publications spécialisées rappelant les
noms des gloires aériennes s'étant illustrées
durant le conflit, aurait en vain cherché celui de Didier
Daurat et pourtant
Bien qu'ayant été au cur
des combats, il demeurait dans l'anonymat avec ses compagnons
d'épopée, simplement, en acteur discret d'une page
d'héroïsme.
Le
12 juillet 1917, il est nommé commandant de l'Escadrille
BR231 et participe. à la tête de cette formation,
au bombardement de jour du front allemand, aux abords de Reims.
Le 14, au cours de " l'arrosage " de toutes
les passerelles de la Marne, il se retrouve aux prises avec cinq
Fokker. Son appareil est criblé de balles perforantes,
le réservoir fuit. Cependant, il réussit à
rentrer et à se poser tant bien que mal. Au soir, il s'aperçoit
que son observateur gît, mort sur son siège. Cette
tragique mission lui vaut, ce même jour, d'être fait
Chevalier de la Légion d'honneur. Cet enfer dura jusqu'au
18 juillet.
"Ce fut ainsi pendant quatre jours d'enfer et le 18,
je rentrais seul. Seul des 64 pilotes qui avaient été
engagés quatre jours plus tôt ! Ainsi, je me retrouvais
seul et blessé après quatre jours de commandement.
Les autres avaient disparu, morts ou prisonniers ".
(Dans
le vent des hélices)
Didier
Daurat terminera la guerre avec le grade de capitaine et le commandement
de la prestigieuse Escadrille de chasse SPA87. Il s'y distinguera
de nouveau, accrochant 8 palmes à sa Croix de Guerre.
Il est démobilisé en juillet 1919.
Le
marquis Beppo de Massimi, ami de Pierre Georges Latécoère,
et qui avait été un des observateurs de Didier
Daurat, invite ce dernier à venir à Toulouse. Moins
de deux mois après son arrivée, Latécoère
lui confie l'ouverture du premier tronçon de "La
Ligne "
Nommé
directeur de l'exploitation des Lignes aériennes Latécoère
et, plus tard, de l'Aéropostale. il inaugure, le 1er septembre
1919, la liaison aérienne Toulouse - Rabat. Mais déjà
il s'attelle à l'organisation et l'exploitation de "
La Ligne " jusqu'à Santiago du Chili, prévoit
les ramifications vers la Terre de Feu, Arica au Pérou
et La Paz en Bolivie.
Une triste affaire politico-financière
met fin à la prestigieuse Aéropostale à
laquelle succède la Compagnie Air France, où il
est affecté en 1933. Peu satisfait de l'emploi qui lui
est attribué, il fonde, en 1935, la Compagnie Air Bleu,
service postal métropolitain dont la devise était:
" Etre à l'heure, c'est déjà être
en retard ". Le service sera ponctuel, avec un taux
de régularité approchant les 99% jusqu'en 1939
à la déclaration de la guerre. Un seul accident
sera à déplorer, à Tours le 4 décembre
1935, qui coûta la vie au pilote Georges Tixier et de très
graves blessures au radio Victor Beaufol.
En octobre
1945, Didier Daurat reprend la direction du Centre d'Exploitation
Postal Métropolitain d'Air France, pour en faire un instrument
de haute efficacité et qui sera ensuite connu sous le
nom de Postale de Nuit.
De
1948 à 1953, il assure encore la direction du Centre Air
France d'Orly. Mis
à la retraite en 1953, il est nommé directeur honoraire
d'Air France. En
octobre 1969, Didier Daurat est élevé à
la dignité de Grand Officier de la Légion d'honneur.
Le
6 décembre 1969. en la Basilique Saint Sernin de Toulouse,
le jour de ses obsèques, le chanoine Barbaste ne s'y est
pas trompé en concluant ainsi son homélie: "
Il n'est pas arrivé les mains vides lui qui a tant
travaillé pour que la machine mieux dominée par
l'intelligence de l'homme, permette aux peuples de pays et de
continents fort divers, de devenir plus proches, soit par la
présence, soit par le courrier, cet autre mode de présence
".
Didier
Daurat repose depuis dans la petite enclave achetée sur
le terrain de Montaudran par l'Amicale des Anciens d'Air France,
près de la piste qui vit partir vers leur destin, tant
de ses pilotes, Chaque
année, le 31 octobre, notre Groupement dépose une
gerbe sur le tombeau de son illustre parrain.
Anecdotes
Lors
de la seconde guerre mondiale, Didier Daurat fut rappelé
comme pilote et commandant l'escadrille de liaison du GQG. A
ce titre, il est titulaire de la Croix de Guerre 39/45 avec 1
citation. Il est démobilisé en juillet 1945.
Lorsqu'il
assiste au premier décollage de " Concorde ",
le 2 mars 1969. Didier Daurat affirme à haute voix, en
se tournant vers ceux qui l'entourent, cette même idée
qui fut toujours la sienne : " Un pas de plus pour rapprocher
les hommes ". |